
Jeux de rôle · le Boudoir
Kidnappeur / Otage
angl. Capture fantasy
L'un capture, l'autre est pris : un enlèvement joué, avec ses liens, sa résistance et sa reddition, le tout négocié dans le détail avant que le premier geste soit fait. Le scénario appartient à la famille du *consensual non-consent* : on joue à ne pas consentir, précisément parce qu'on a consenti à tout.
- 1Échauffement
- 2Déshabillage
- 3Préliminaires
- 4Pénétration
- 8 gages écrits
- Le Boudoir
- Après le déshabillage : le jeu complet
- Sur la commode : bandeau (yeux)
Deux gages, tels que je les sers
Tom, en otage docile, laisse Eva te ligoter les poignets avec un foulard et subis en silence ses caresses, ses baisers et ses petites morsures
Tom, otage de la soirée, obéis à Eva : reste immobile pendant qu'Eva te bande les yeux et explore ton corps à sa guise
Les prénoms suivent le choix du dessin : un couple, deux hommes, deux femmes. Dans le jeu, chaque gage vous appelle par le vôtre.
I · D'où vient le geste
Capture fantasy, « fantasme de capture », et ravishment, du vieux français ravir, « emporter de force » : les termes anglais préférés par la sexologie pour désigner ce que le langage courant nomme, plus brutalement, fantasme de viol. CNC pour consensual non-consent, « non-consentement consenti », vocabulaire des communautés BDSM des années 2000.
Le rapt est l'un des plus vieux motifs de l'imaginaire érotique : l'enlèvement des Sabines fonde Rome dans le récit de Tite-Live, Bernin sculpte le rapt de Proserpine en 1622, et le roman populaire du XXe siècle en fait un genre, du Cheik d'E. M. Hull (1919), porté à l'écran par Rudolph Valentino en 1921, aux romans dits bodice rippers des années 1970. Sade, à la fin du XVIIIe siècle, en avait donné la version noire avec Justine (1791) : la vertu enlevée, séquestrée, contrainte.
II · Ce qui se passe dans le corps
Se débattre, être maintenu, ne plus pouvoir choisir : le corps de l'otage passe en régime d'alerte, cœur rapide, adrénaline, muscles tendus. La sexologie a montré depuis les années 1970 que cette activation se transfère : la peur de jeu est lue comme excitation dès que l'autre est désiré. Vient ensuite la reddition, quand la lutte cesse et que l'otage s'abandonne : chute de tension, endorphines, un état de flottement que les pratiquants de bondage appellent subspace. Le scénario met la résistance au service de l'abandon qui la suit.
Ce qui est permis, ce qui est interdit, les mots qui sortent du jeu, la durée, ce qu'on fait après. Tout se dit à froid, en détail, sans rôle. Sans cette heure de discussion, il n'y a pas de scène.
Un mot que l'otage ne dirait jamais en jouant (« rouge », « ananas »), plus un signal sans voix si la bouche est prise : un objet qu'on lâche, trois coups. Prononcé, tout s'arrête.
III · Comment on s'y prend
- 1Tout écrire, ou presque.Liste des gestes autorisés, des zones, des mots, des accessoires ; ce que « non » veut dire dans le jeu (« continue ») et le mot qui veut dire vraiment non. On relit ensemble, on ajuste, on fixe un jour.
- 2Préparer la scène.Une pièce dégagée, des liens faciles à défaire (ciseaux de sécurité à portée), un lieu sûr où « séquestrer ». Le téléphone reste accessible et la porte s'ouvre de l'intérieur.
- 3Capturer.L'embuscade convenue : par-derrière, dans le noir, au réveil. L'otage résiste comme négocié ; le kidnappeur maintient, lie, fait taire, avec la force décidée et pas une de plus.
- 4Tenir la scène.L'otage est déplacé, déshabillé, questionné, touché ; il proteste, se rend, proteste encore. Le kidnappeur surveille en permanence la respiration, la couleur des mains, les signaux convenus.
- 5Revenir.La scène finit par un geste net : liens coupés, lumière, prénoms. Puis l'aftercare : eau, couverture, tendresse, parler. Le lendemain, on se redit ce qu'on a aimé et ce qu'on ne refera pas.
IV · Les précautions
- Jamais rien autour du cou. Ni main, ni lien, ni bras : aucune forme de compression de la gorge n'est sûre, même « légère », même quelques secondes. Le kidnappeur qui veut faire taire pose la main sur la bouche, jamais sur le cou, et la retire dès que l'autre le demande.
- Bâillon relâchable, jamais après avoir bu. Une bouche fermée ne peut ni dire stop ni vomir : le bâillon se retire d'un geste, jamais avec de l'alcool, et il oblige un signal sans voix, convenu et testé avant.
- Liens larges, mains surveillées. Pas de lien fin ni serré aux poignets : un nerf comprimé se voit en dix minutes (fourmis, doigts froids, main qui tombe). Deux doigts passent sous le lien, et on ne laisse jamais une personne attachée seule.
- La négociation ne se fait jamais dans le rôle. Ce qui n'a pas été dit avant est interdit pendant. Et le kidnappeur tient l'arrêt d'urgence : c'est lui qui a le plus à répondre.
La Roue, à retenir
Le non-consentement joué exige le consentement le plus détaillé de toutes les pratiques : négociation à froid, mot de sortie hors personnage, signal sans voix, et rien, jamais, autour du cou. La scène finit toujours par des soins.
Vos questions
- Comment s'appelle cette pratique ?
- Kidnappeur / Otage. Dans le milieu : Capture fantasy.
- À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
- Dès le niveau 3, Préliminaires.
- Quels accessoires ?
- Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : bandeau (yeux). Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.
- Est-elle dans l'essai gratuit ?
- Non : elle arrive après le déshabillage, avec le jeu complet.
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Alien / Humain8 gagesL'essai gratuit ouvre les deux premiers niveaux, jusqu'au déshabillage. Le jeu complet ouvre tout, une fois pour toutes.