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Lexique · Jeux de rôle · le Boudoir

Kidnappeur / Otage

angl. Capture fantasy

Capture fantasy, « fantasme de capture », et ravishment, du vieux français ravir, « emporter de force » : les termes anglais préférés par la sexologie pour désigner ce que le langage courant nomme, plus brutalement, fantasme de viol. CNC pour consensual non-consent, « non-consentement consenti », vocabulaire des communautés BDSM des années 2000.

L'un capture, l'autre est pris : un enlèvement joué, avec ses liens, sa résistance et sa reddition, le tout négocié dans le détail avant que le premier geste soit fait. Le scénario appartient à la famille du *consensual non-consent* : on joue à ne pas consentir, précisément parce qu'on a consenti à tout.

D'où vient le gesteun fantasme ancien, une pratique récente

Le rapt est l'un des plus vieux motifs de l'imaginaire érotique : l'enlèvement des Sabines fonde Rome dans le récit de Tite-Live, Bernin sculpte le rapt de Proserpine en 1622, et le roman populaire du XXe siècle en fait un genre, du Cheik d'E. M. Hull (1919), porté à l'écran par Rudolph Valentino en 1921, aux romans dits bodice rippers des années 1970. Sade, à la fin du XVIIIe siècle, en avait donné la version noire avec Justine (1791) : la vertu enlevée, séquestrée, contrainte.

La sexologie s'en est mêlée quand elle a osé demander. En 1973, Nancy Friday publie Mon jardin secret, recueil de fantasmes de femmes où la capture revient sans cesse. Les enquêtes ultérieures, dont celles de Jenny Bivona et Joseph Critelli à la fin des années 2000, retrouvent le fantasme chez une large majorité de femmes, sans lien avec un quelconque désir de subir : c'est un fantasme de désirabilité et de lâcher-prise, pas de violence. La pratique organisée, avec ses règles écrites, est plus récente : elle sort des communautés BDSM, qui ont inventé le mot de sortie et la négociation préalable.

Ce qui se passe dans le corpsl'alerte empruntée et la reddition

Se débattre, être maintenu, ne plus pouvoir choisir : le corps de l'otage passe en régime d'alerte, cœur rapide, adrénaline, muscles tendus. La sexologie a montré depuis les années 1970 que cette activation se transfère : la peur de jeu est lue comme excitation dès que l'autre est désiré. Vient ensuite la reddition, quand la lutte cesse et que l'otage s'abandonne : chute de tension, endorphines, un état de flottement que les pratiquants de bondage appellent subspace. Le scénario met la résistance au service de l'abandon qui la suit.

Pour le kidnappeur, l'excitation est celle du contrôle total et de la responsabilité qui va avec : il tient l'autre, lit ses signaux, mène la scène. C'est un rôle plus exigeant qu'il n'y paraît : il faut jouer la brutalité et rester, en réalité, le plus attentif des deux. Beaucoup découvrent que la vraie charge de la scène est de ce côté-là.

La négociation avant tout

Ce qui est permis, ce qui est interdit, les mots qui sortent du jeu, la durée, ce qu'on fait après. Tout se dit à froid, en détail, sans rôle. Sans cette heure de discussion, il n'y a pas de scène.

Le mot de sortie hors personnage

Un mot que l'otage ne dirait jamais en jouant (« rouge », « ananas »), plus un signal sans voix si la bouche est prise : un objet qu'on lâche, trois coups. Prononcé, tout s'arrête.

Comment on s'y prendnégocier, capturer, tenir, revenir

  1. Tout écrire, ou presque. Liste des gestes autorisés, des zones, des mots, des accessoires ; ce que « non » veut dire dans le jeu (« continue ») et le mot qui veut dire vraiment non. On relit ensemble, on ajuste, on fixe un jour.
  2. Préparer la scène. Une pièce dégagée, des liens faciles à défaire (ciseaux de sécurité à portée), un lieu sûr où « séquestrer ». Le téléphone reste accessible et la porte s'ouvre de l'intérieur.
  3. Capturer. L'embuscade convenue : par-derrière, dans le noir, au réveil. L'otage résiste comme négocié ; le kidnappeur maintient, lie, fait taire, avec la force décidée et pas une de plus.
  4. Tenir la scène. L'otage est déplacé, déshabillé, questionné, touché ; il proteste, se rend, proteste encore. Le kidnappeur surveille en permanence la respiration, la couleur des mains, les signaux convenus.
  5. Revenir. La scène finit par un geste net : liens coupés, lumière, prénoms. Puis l'aftercare : eau, couverture, tendresse, parler. Le lendemain, on se redit ce qu'on a aimé et ce qu'on ne refera pas.

Les précautionsla scène est jouée, les liens sont réels

Jamais rien autour du cou. Ni main, ni lien, ni bras : aucune forme de compression de la gorge n'est sûre, même « légère », même quelques secondes. Le kidnappeur qui veut faire taire pose la main sur la bouche, jamais sur le cou, et la retire dès que l'autre le demande.
Bâillon relâchable, jamais après avoir bu. Une bouche fermée ne peut ni dire stop ni vomir : le bâillon se retire d'un geste, jamais avec de l'alcool, et il oblige un signal sans voix, convenu et testé avant.
Liens larges, mains surveillées. Pas de lien fin ni serré aux poignets : un nerf comprimé se voit en dix minutes (fourmis, doigts froids, main qui tombe). Deux doigts passent sous le lien, et on ne laisse jamais une personne attachée seule.
La négociation ne se fait jamais dans le rôle. Ce qui n'a pas été dit avant est interdit pendant. Et le kidnappeur tient l'arrêt d'urgence : c'est lui qui a le plus à répondre.

Dans la culturedu Cheik à Attache-moi !

Le fantasme de capture traverse la culture populaire avec une constance qui gêne : Valentino en cheik ravisseur (1921), L'Obsédé de William Wyler (1965), d'après John Fowles, où un collectionneur enferme une jeune femme comme un papillon, Attache-moi ! d'Almodóvar (1989), où le ravisseur finit aimé. Le syndrome de Stockholm, nommé après une prise d'otages de 1973, a donné au motif une caution clinique douteuse. La chambre, elle, garde ce que le fantasme dit vraiment : le désir d'être voulu au point d'être pris, et la liberté de se rendre.

À retenirLe non-consentement joué exige le consentement le plus détaillé de toutes les pratiques : négociation à froid, mot de sortie hors personnage, signal sans voix, et rien, jamais, autour du cou. La scène finit toujours par des soins.

Dans Intiimix

Dans Intiimix, la capture se tire aux Préliminaires et reste douce : pas de lien serré ni de bâillon dans le texte du gage, une prise, une résistance jouée, une reddition. Le mot de sortie de la table vaut à chaque instant, et la version dure de la pratique se prépare hors du jeu, à froid, avec les règles ci-dessus.

La montée

1Échauffement
2Déshabillage
3Préliminaires
4Pénétration

À la table

  • Piècele Boudoir
  • Gages écrits8 · 2 racines
  • Dans la démo gratuite2 gages
  • Sur la commodebandeau (yeux)
  • Mains nuesla plupart des gages

Un gage, pour goûter

Léo, en otage docile, laisse Chloé te ligoter les poignets avec un foulard et subis en silence ses caresses, ses baisers et ses petites morsures

Niveau 3 · Préliminaires · un couple
N3

Léo et Chloé tiennent la place des joueurs : à table, chaque gage vous appelle par votre prénom, et s'écrit pour votre table, en couple, entre hommes ou entre femmes.

Notes

Comment s'appelle cette pratique ?

Kidnappeur / Otage. Dans le milieu : Capture fantasy.

À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?

Dès le niveau 3, Préliminaires.

Quels accessoires ?

Aucun n'est obligatoire. Les plus liés : bandeau (yeux). Un gage à accessoire ne tombe que si l'objet est posé sur la commode.

Est-elle dans la démo gratuite ?

Oui, 2 gages. Les 8 avec le jeu complet.

Voir aussi

Médecin / Patient 18, Prof / Élève 8, Patron / Employé 8, Inconnus 8, Escort / Client 8, Cambrioleur 8, Policier / Suspect 8, Photographe / Modèle 16, Masseur / Client 8, Réparateur / Propriétaire 8, Vampire / Victime 8, Prêtre / Pénitent(e) 8, Alien / Humain 8.

SourcesNancy Friday, My Secret Garden, 1973 · Bivona & Critelli, « The Nature of Women's Rape Fantasies », Journal of Sex Research, 2009 · Dutton & Aron, « Some evidence for heightened sexual attraction under conditions of high anxiety », Journal of Personality and Social Psychology, 1974 · Pedro Almodóvar, Attache-moi ! (¡Átame!), 1989

Jouez-la ce soir

2 gages de cette pratique dans la démo gratuite, les 8 avec le jeu complet : un achat, le jeu vous appartient.

Jouer la démoLe jeu complet, 29,90 €