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Escort / Client, le dessin du jeu

Jeux de rôle · le Boudoir

Escort / Client

L'un paie, l'autre se vend, et rien de tout cela n'est vrai : le jeu de l'escort et du client rejoue la transaction, avec ses prix négociés, ses services listés, sa politesse froide. Ce qu'on achète n'est pas un corps mais une fiction : le désir sans dette, le plaisir avec facture.

  1. 1Échauffement
  2. 2Déshabillage
  3. 3Préliminaires
  4. 4Pénétration
  • 8 gages écrits
  • Le Boudoir
  • Après le déshabillage : le jeu complet

Deux gages, tels que je les sers

Tom, en client qui a payé le prix fort, tu dois satisfaire tous les désirs de l'escort Eva : elle dicte, tu exécutes, sans négocier ni refuser
Niveau 4 · Pénétration
Tom, inverse les rôles : joue l'escort docile et offre à la cliente Eva le service intégral qu'elle commande, en obéissant au moindre caprice avec un sourire
Niveau 4 · Pénétration

Les prénoms suivent le choix du dessin : un couple, deux hommes, deux femmes. Dans le jeu, chaque gage vous appelle par le vôtre.

I · D'où vient le geste

« escorte », de l'italien scorta, « guide, accompagnement », de scorgere, « apercevoir, conduire », passé au français au XVIe siècle ; l'anglais escort a pris au XXe siècle le sens de compagnie tarifée. Le milieu dit GFE, girlfriend experience, pour la prestation qui imite la relation.

La courtisane est une figure littéraire avant d'être un fantasme : La Dame aux camélias de Dumas fils (1848), Nana de Zola (1880), Boule de suif de Maupassant (1880) ont fait de la femme vénale l'héroïne du XIXe siècle. Mais le récit fondateur du jeu est Belle de jour de Joseph Kessel (1928), porté à l'écran par Luis Buñuel en 1967 avec Catherine Deneuve : Séverine, bourgeoise mariée, se prostitue l'après-midi, non par besoin mais par désir, et rentre le soir auprès de son mari. Le livre dit ce que le jeu répète : ce qui excite n'est pas l'argent, c'est le rôle.

II · Ce qui se passe dans le corps

Le fantasme de la transaction repose sur un renversement : dans la vie, le désir se demande et se mérite ; dans la scène, il se paie, donc il est dû. Le client n'a plus à séduire, l'escort n'a plus à vouloir : la fiction de l'argent efface les deux embarras à la fois. Les enquêtes sur les fantasmes rangent ce scénario dans la famille du tabou et de la nouveauté (Lehmiller, 2018) ; il est fréquent chez les femmes comme chez les hommes, dans les deux rôles.

Le menu

Un prix par geste, une durée, ce qui est exclu. La négociation est la scène la plus longue et souvent la meilleure : on dit ses pratiques en chiffres.

L'argent

Billets de jeu, tickets, une enveloppe vide : le geste de payer compte, pas la somme. Aucun vrai argent, jamais.

III · Comment on s'y prend

  1. 1Fixer le vrai cadre.Qui joue quoi, ce que le personnage peut proposer, le mot de sortie. Le personnage marchande, la personne décide : deux adultes égaux qui se prêtent une transaction.
  2. 2Se donner rendez-vous.Un hôtel imaginaire, un message qui fixe l'heure, une tenue de sortie. L'escort arrive avec sa liste, le client avec ses faux billets.
  3. 3Négocier à voix haute.Chaque geste a un prix ; le client discute, l'escort refuse ou concède. Dire ses pratiques en tarifs est une façon de les dire sans rougir.
  4. 4Livrer la prestation.Politesse, distance feinte, professionnalisme : l'escort fait bien son travail et rien de plus, jusqu'à ce que la distance craque, ou pas.
  5. 5Régler et sortir du rôle.L'enveloppe passe, la porte se ferme, et l'on se retrouve en son nom : le tarif de la scène, c'est cette minute-là.

IV · Les précautions

  • Le mot de sortie n'est pas « non ». Le personnage peut refuser un service, marchander, hésiter : ce sont des répliques. Le mot convenu, lui, arrête tout.
  • Pas d'argent réel. Une somme vraie change la scène en autre chose et laisse une trace : billets de jeu, tickets, ou rien. En France, l'achat d'un acte sexuel est d'ailleurs interdit depuis 2016 ; le jeu reste un jeu, entre partenaires.
  • Ce qui est vendu reste dans la liste. L'escort a fixé son menu avant : ce qui n'y est pas ne s'achète pas, quel que soit le prix offert. La liste est la limite.
  • Le rôle se dépose. Se faire traiter comme un service laisse parfois un goût : après, on le dit. Le client demande, l'escort répond, en leur nom.

La Roue, à retenir

Ce qu'on achète dans la scène n'est pas un corps, c'est la permission : le client n'a plus à séduire, l'escort n'a plus à vouloir. Aucun vrai argent, une liste qui fait loi, un mot qui rend chacun à son nom.

Vos questions

Comment s'appelle cette pratique ?
Escort / Client.
À quel niveau d'intimité arrive-t-elle ?
Dès le niveau 4, Pénétration.
Quels accessoires ?
Aucun : la pratique se joue mains nues.
Est-elle dans l'essai gratuit ?
Non : elle arrive après le déshabillage, avec le jeu complet.

Dans la même famille

L'essai gratuit ouvre les deux premiers niveaux, jusqu'au déshabillage. Le jeu complet ouvre tout, une fois pour toutes.

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